UF2 Anthropologie

«  Anthropologie du handicap »

« Notre hypothèse est donc que, pour comprendre la différence, ce n’est pas le différent qu’il convient de regarder, mais bien l’ordinaire. La question des normes sociales demeure au centre de l’étude, mais notre intérêt ira moins à ce qui dévie extraordinairement du commun qu’à ce qui dévie communément de l’ordinaire. »

Erving GOFFMAN, Stigmates. Les usages sociaux des handicaps, Paris, Les éditions de Minuit, [1963] 1975, p.150.

1. Introduction aux sciences sociales (3 heures)

Ce cours introductif a pour objet de familiariser, succinctement, les stagiaires à l’objet des principales sciences sociales (sociologie, démographie, ethnologie, anthropologie) et humaines (psychologie, psychanalyse) : en définir les champs et leurs articulations, évoquer les courants déterminants, présenter quelques auteurs significatifs (leurs bibliographies) et, en invitant à la prudence et la circonspection, aborder les concepts les plus usités, pour le pire et le meilleur, chez les travailleurs sociaux.

2. Sociologie du handicap – Erving Goffman (3 heures)

À partir d’un détour par l’École de Chicago et la notion d’interactionnisme symbolique, nous étudierons le concept fécond, forgé par Erving Goffman, dans les années soixante, pour comprendre et analyser les usages sociaux du handicap, mais aussi pour comprendre les enjeux de la norme sociale, de l’altérité et de ses corollaires : la différence, la déviance, la marge, l’étrange, etc.

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3. Anthropologie de la douleur avec David Le Breton (3heures)

Nous ne sommes pas égaux au regard de la maladie, de la douleur, de la souffrance. Nos rapports à celles-ci interagissent avec notre histoire personnelle bien sûr, mais aussi et surtout avec notre éducation, nos origines et nos inscriptions culturelles. David Le Breton étayera cette hypothèse à partir de ses travaux : lectures, recherches et enquêtes. La prise en compte de ces dimensions anthropologiques pourra nourrir un débat sur les modalités de prise en charge d’un sujet souffrant.

4. Anthropologie de la dépendance – Albert Memmi (3 heures)

Comment vivre ensemble ? La vie en société impose de composer avec un ensemble de contraintes que l’être social peut lire comme ses propres dépendances. Nous explorerons l’œuvre d’Albert Memmi pour percevoir comment, à partir d’enquêtes initiales sur les rapports dominants/dominés, colons/colonisés, il en arrive à la triangulation dépendant -objet de la dépendance - pourvoyeur. Un détour par l’ouvrage de Georges Canguilhem (Le normal et le pathologique, Paris, P.U.F., 1966) nous permettra de conclure et d’ouvrir à de nouvelles perspectives l’ensemble de ces quatre cours.

Les enseignements en Sciences sociales font l’objet, en première année, d’un contrôle de connaissances. Pour ce faire, les stagiaires seront invités à lire l’ouvrage suivant (roman illustrant parfaitement les concepts visités) sur lequel portera l’exercice :

Armistead MAUPIN, Maybe the Moon, Paris, Passage du Marais, 1999.