UF2 Anthropologie  

«  Anthropologie de l’adolescence »

« Si la société ne peut garantir au jeune que son existence a un sens et une valeur, que celle-ci est contenue dans les limites symboliques où s’articule la communication dans sa société, si elle ne peut davantage le rassurer sur l’avenir qui l’attend, elle s’expose à l’irruption de formes sauvages où se dira l’exigence anthropologique, mais d’une façon solitaire et indécise. »

David LE BRETON, Passions du risque, Paris, Métailié, 1991, p.106.

1. Sociologie de l’adolescence (3 heures)

 

L’adolescence change parce que les temps changent ! De la non réalité sociologique de la jeunesse (Émile Durkheim) à la prolifique sociologie actuelle, nous essayerons de comprendre la construction de cet objet étrange « l’interminable adolescence » (Tony Anatrella) : quels seraient, d’une part, les invariants dans les problématiques de la jeunesse et, d’autre part, les particularités des classes d’âge que recouvre le concept d’adolescence en ce début de XXI e siècle ? Nous évoquerons également « les adolescents en difficulté », auxquels sont confrontés, plus particulièrement, les travailleurs sociaux, et ce à partir des travaux de Simone Veil (1996), Marie Choquet (2000) et Jean-Louis Lorrain (2003).

 

2. Rites de passage – Arnold van Gennep (3 heures)

Nous devons au folkloriste Arnold Van Gennep le concept fécond et heuristique de Rites de passage (1909). Á partir des travaux de l’ethnologie, nous définirons, premièrement, ce que sont, pour un groupe social, les mythes et les rites. Nous verrons ensuite en quoi les rites de passage permettent de composer collectivement avec les crises individuelles de la vie. Nous explorerons, après, le rite particulier de puberté sociale, ses dimensions initiatiques. Nous verrons enfin, à partir d’exemples issus tant de sociétés traditionnelles (Margaret Mead) que modernes, comment les sociétés ont longtemps offerts des repères structurants pour aborder la transmission et les responsabilités inhérentes à l’âge adulte.

 

3. Conduites à risque avec David Le Breton (3 heures)

Les conduites à risque sont une manière originale d’aborder les problématiques spécifiques de la jeunesse. Elles apparaissent dans la deuxième moitié du XX e siècle, en parallèle avec les activités à risque des adultes. Elles permettent d’interroger la quête de sens propre à chaque adolescent. Elles se déclinent, parfois, en rite intime de passage là où les repères et les marqueurs sociaux défaillent. Á partir de quelques invariants (rapports au corps, au signifiant mort, au passage à l’âge adulte) peuvent s’analyser, plus finement, les accidents liés à la vitesse, les tentatives de suicide, les toxicomanies, les violences juvéniles, les diverses formes d’errance, les délinquances, les jeux dangereux,…

 

4. Rites d’initiation et travail social (3 heures)

Le travailleur social en responsabilité auprès d’adolescents peut-il être un passeur ? En partant des apports des cours précédents, nous évoquerons des projets pédagogiques concourrant ou non au passage à l’âge d’homme. Nous évoquerons les dimensions rituelles de l’action éducative (accueil, rencontre, séparation). Cette dernière séquence pourra être illustrée par des documents écrits ou audiovisuels propices au débat.